Le Conseil général propose, dans le cadre du forum « Giga la vie » dédié aux collégiens du département, une animation spécifique axée sur le développement durable. Le point avec Bertrand Cusson, qui appartient à la Direction de l’environnement et du développement durable du Conseil général et qui anime ce stand.

« Giga la Vie » est un forum itinérant, animé par l’Institut des Hauts-de-Seine, qui se déplace de ville en ville dans tout le département des Hauts-de-Seine. Les collégiens, en général, le connaissent bien. Il permet en effet chaque année à plus de 15 000 collégiens (collégiens des classes de 6e à la 3e et quelques classes de seconde de lycées techniques) et jeunes handicapés de bénéficier de dépistages gratuits et d'entretiens personnalisés avec un personnel encadrant de plus de 250 personnes, composé de médecins, infirmières, puéricultrices, chirurgiens-dentistes, psychologues, policiers, gendarmes et des animateurs issus d'associations spécialisées. Le forum permet une approche souple de l'éducation à la santé, à travers l’utilisation de brochures, de jeux, ou de matériel vidéo ludique, adaptée aux souhaits des jeunes et respectant surtout le désir d'anonymat de chacun d'entre eux.
Le Conseil général participe à ce forum via un stand dédié au thème du développement durable. Il s’agit de sensibiliser les jeunes au gaspillage des ressources comme l’eau ou l’énergie dans les pays au niveau de développement élevé comme le nôtre. « Les collégiens restent deux heures sur le forum et ils visitent un maximum de stands dans le temps qui leur est imparti. Il faut donc que l’animation soit de courte durée et percutante. En général, ils ne demeurent pas plus de 10 minutes sur un stand », explique Bertrand Cusson.
En quoi consiste l’animation ? « Jusqu’ici, je travaillais sur le thème de l’empreinte écologique. Il s’agit d’un indicateur qui a été popularisé par le WWF, la première organisation mondiale de protection de la nature. L'empreinte écologique est une mesure de la pression qu'exerce l'homme sur la nature ». Cet outil permet ainsi d’évaluer la surface productive nécessaire à une population pour répondre à sa consommation de ressources et à ses besoins d'absorption de déchets. « Il a été calculé que les Français, en moyenne, consomment par exemple l’équivalent de trois planètes, les Etats-Uniens six – contre une seule pour les Maliens ».
A l'échelle d'une personne, l'empreinte écologique est une estimation de la superficie nécessaire pour répondre à l'ensemble de ses besoins en ressources naturelles. L’animation proposée par Bertrand Cusson au cours des trois dernières années permettait ainsi à chaque élève d’évaluer sa propre empreinte écologique - et donc de prendre conscience de l’impact de chacun de ses gestes sur l’environnement. Grâce à un boîtier électronique relié à un écran, les jeunes collégiens répondaient à un questionnaire d’une dizaine de questions, axées sur les thèmes de l’eau, la nourriture, les transports, l’électricité, les déchets, les achats etc. Chacun recevait pour finir un petit carton indiquant le total de points accumulés et son équivalent en nombre de planètes consommées. « Les résultats correspondaient à la moyenne française : les élèves consomment en général entre 2 et 4 planètes », souligne Bertrand Cusson.
Cette rencontre avec les jeunes, quoique brève, était aussi l’occasion d’amorcer le dialogue autour de ces thématiques. « En même temps, je leur pose des questions : "savez-vous combien d’électricité consomme votre lampe de chevet ?", "où doit-on mettre les déchets toxiques ?", "qu’est-ce que le commerce équitable ?". L’objectif est de mettre en relation, dans leur esprit, les gestes et achats quotidiens avec leurs conséquences sur l’environnement. Lorsque je réussis en plus à déconstruire quelques-uns de leurs préjugés, je suis satisfait ! », remarque-t-il.
Depuis le 15 octobre dernier, une nouvelle thématique, en lien avec la précédente, est proposée aux élèves : l’éco-consommation. « Le but est de sensibiliser le jeune consommateur et le responsabiliser face à ses actes d'achat. Le cycle de vie de chaque produit que l'on achète a en effet des impacts sur l’éco-système : des matériaux, bruts ou transformés, ainsi que de l'énergie y sont prélevés. Suivant les méthodes de prélèvement, les quantités prélevées et les transports générés, l'impact est plus ou moins important sur l'environnement », explique l’animateur.
Il existe, à l'heure actuelle, un certain nombre de labels et logos environnementaux qui informent sur la provenance et l'éco-conception des produits. Il est important de bien les connaître si l'on veut développer son sens d'éco-consommateur. « Avec les élèves, j'utilise des étiquettes représentant certains labels : le label NF Environnement et label écologique européen désignant des produits don t l'impact sur l'environnement est réduit par rapport aux autres produits du même type ; le label AB ou label européen Agriculture biologique ; le label FSC sur le bois et les meubles pour la protection des forêts ; l’étiquette énergie (qui n'est pas un label), afin d'attirer l'attention des acheteurs de produits électroménagers ou même de voitures pour économiser l'énergie ; enfin, le label du commerce équitable pour soutenir les petits producteurs des pays du sud ». Les élèves apprennent également à reconnaître différents logos liés au recyclage des produits, afin de diminuer la part des déchets incinérés ou mis en décharge.
Cette nouvelle formule permet d’être en face-à-face avec un petit nombre d’élèves – 3 à 6 généralement – et de travailler sur un mode interactif et individualisé de questions-réponses. Chaque élève a ainsi la possibilité de poser des questions sur un label ou un thème qui l’intéresse plus particulièrement.
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